Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/248

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Ces faux-là, dit en souriant Lacenaire, je n’en parle pas, c’est une bagatelle : le fort emporte le faible. — Vous êtes, dis-je, accusé de deux assassinats ; vous avez certainement des complices : il est dans l’intérêt de la société de les faire connaître : je vous demande donc des révélations. Comme vous le voyez, j’arrive droit au but ; je connais votre caractère, et d’ailleurs vous savez que c’est ma manière. — Oui, me répondit-il, je sais que vous vous y prenez d’une manière loyale. — Je vous donne ma parole d’honneur, ajoutai-je, que si je puis faire quelque chose pour vous, dans votre position, je le ferai. » Lacenaire dit : « Eh bien ! accordez-moi une faveur : mes fers me gênent, ils m’empêchent de marcher, faites-les-moi ôter, et je vous donne ma parole d’honneur que je parlerai. — Je ferai tout ce que je pourrai à ce sujet, lui répondis-je.

« Et en effet, j’obtins de M. Le juge d’instruction la faveur que réclamait Lacenaire. Il se montra alors fort satisfait et me dit : « Savez-vous quel est mon complice dans l’affaire de la rue Montorgueil ? — C’est François. » Et en même temps, il me raconta tous les détails que la Cour connaît sur la nature de leurs relations et sur la part qu’aurait prise François à la tentative commise dans la rue Montorgueil. — « Mais, lui dis-je, François n’a été reconnu par personne lors des confrontations. — Cela est vrai, dit Lacenaire, mais c’est parce qu’il avait eu soin de changer de vêtements et de couper ses favoris.»

« Le lendemain, Lacenaire me confirma ses révélations et me parla d’une tentative d’assassinat qui ne fait point partie de cette affaire. Il s’agissait de la nommée Javotte,