Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/264

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de la même chose ; nous nous quittâmes. Le soir même, je vis Lacenaire ; nous prîmes un petit verre d’eau-de-vie rue du Faubourg-du-Temple, et nous nous donnâmes rendez-vous au cabaret du Grand 7, barrière de la Chopinette.

Avril. — Tout cela est entièrement faux ! J’ai rencontré Lacenaire une seule fois avec un nommé…

Lacenaire. — Ochard ; avec Ochard.

Avril. — Vous n’avez qu’à entendre Ochard, il vous dira la vérité.

M. le Président. — Quel intérêt supposez-vous qu’ont Lacenaire et Fréchard à mentir sur vous… Que leur en adviendrait-il ?

Avril. — Ah ! ce qui leur reviendrait ! à Lacenaire d’abord, la chose de me perdre avec lui ; quant à Fréchard, il est condamné à perpétuité, et, grâce à sa déposition, il n’ira pas aux galères. Il sera plus tard commué en deux ou trois années, et enfin on le verra gracié : ça se passe toujours ainsi.

M. le Président. — Comment supposez-vous que l’autorité veuille corrompre des prisonniers pour dénoncer leurs camarades ?

Avril. — C’est la vérité, il y a mille exemples à Bicêtre, entre autres, Jadin.

Fréchard. — Je suis condamné à perpétuité, c’est vrai ; mais j’ai perdu la vue depuis dix-neuf mois : les médecins le constatent, et la société ne me refusera pas pour asile une maison centrale. Pour éviter le bagne, je n’ai pas besoin d’être le délateur d’un innocent.

Lacenaire. — Puis-je faire une question à Fréchard ?