Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/274

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


M. le Président. — François, je vous rappelle au respect que vous devez à la justice ! Soyez désormais plus calme, je vous le dis dans votre propre intérêt.

M. le Président, à François. — Vous aviez toujours dit que vous aviez couché le 31 décembre chez Soumagnac ; ce n’est qu’aujourd’hui que vous avez parlé du 3 ou 4 janvier.

François. — C’était de ma part une erreur manifeste, puisque, même à cette époque, j’ai dit que j’avais vu Lacenaire le 1er janvier pour la première fois.

M. le Conseiller Aylies à Soumagnac. — Témoin, n’êtes-vous pas cependant entré chez vous le 31 décembre avec une concubine ?

Soumagnac. — Je n’ai pas de concubine.

La veuve Collard, portière, déclare qu’elle ne peut savoir si Magny est entré le 31 décembre seul ou avec une femme ; elle était couchée et Magny n’avait pas de lumière. Vous comprenez bien, ajoute le témoin avec une extrême volubilité, que je n’allais pas me mêler de ça. Mon état est de tout voir sans rien dire… (On rit.) Certainement qu’il amenait quelquefois des femmes, mais cela ne me regardait pas… D’ailleurs il n’avait pas une femme d’habitude… il en changeait… c’était tantôt l’une, tantôt l’autre. Je ne sais pas si, le 31 décembre, deux personnes ont couché dans le lit, je ne le faisais pas tous les jours.

Lacenaire. — Nous sommes sortis de chez Soumagnac à 10 ou 11 heures. Cette femme faisait son lit.

La portière. — Ah ! le faux témoin !… (On rit.) Tiens ! que j’aurais été faire un lit le jour de l’an ! j’avais