Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/285

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François, avec un violent accès de colère. — Mais il est donc avocat-général, à présent !

M. le Président. — Vous avez le droit d’être avocat-général de même : faites vos observations. (Lacenaire rit aux larmes.)

M. Vigouroux, caissier du journal le Bon Sens, déclare qu’il a connu Lacenaire à Sainte-Pélagie. À sa sortie de Poissy, cet accusé vint le trouver ; il était mal vêtu, malheureux. Le témoin lui a donné des secours ; à diverses reprises, il a reçu la visite de Lacenaire ; mais bientôt, informé des recherches que la police exerçait contre lui, à raison d’un nouveau vol, il le gourmanda avec force et lui interdit sa maison.

Lacenaire soutient qu’il n’a fait aucune démarche pour capter la confiance de M. Vigoureux ; il se tenait éloigné des détenus politiques. Loin de tenter de s’attirer une confiance dont il se jugeait indigne, il a dit à ceux qui lui demandaient qui êtes-vous ? Je suis voleur de profession. Il ajoute qu’il espérait trouver dans la carrière littéraire de suffisantes ressources.

Lacenaire, qui semble n’avoir engagé ce débat que pour avoir occasion de parler d’une chanson qui a donné lieu à un procès récent alors, se plaint de ce que cette pièce, qui faisait partie d’un recueil dont il est l’auteur, et qu’il a remis à M. Vigouroux, ait été imprimée sans sa participation.

M. Vigouroux, après avoir établi que Lacenaire est toujours resté étranger à la rédaction du Bon Sens, déclare que la chanson sur laquelle insiste si fort l’accusé, a été envoyée aux journaux par des détenus de la