Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/291

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cause, c’est un Pageot, une femme Pageot, un Soumagnac. Vous croyez un accusé, quand cet accusé est un Lacenaire.

Lacenaire ne s’attend pas sans doute à trouver son éloge dans notre bouche ; mais enfin, il est des positions désespérées où l’on peut avoir un dernier mérite, celui de prendre franchement son parti, de reconnaître qu’après le crime une seule chose est possible en justice comme en morale, l’expiation.

Aurait-il cédé à un sentiment moins noble, au désir de la vengeance ? Aurait-il voulu entraîner dans sa perte ceux qui avaient trahi le secret de sa retraite ? Sur ce point, nous avons aimé à l’entendre répéter hautement, à haute voix : Oui, j’ai parlé par vengeance, mais nous ajoutons avec lui : C’est à MM. les jurés de voir si un homme qui a parlé par vengeance n’a pas cependant dit la vérité.

Eh bien ! a-t-on constaté une seule inexactitude dans les renseignements donnés par lui ? A-t-il été contredit par un seul témoin ? Au milieu de faits si nombreux, s’est-il contredit lui-même, troublé un moment ! Non, non, tout a crié dans la cause : Lacenaire dit vrai !

Une seule crainte aurait pu s’offrir à vos esprits : c’est que, par une ostentation déplorable, Lacenaire se fit devant vous pire qu’il n’était. Qui sait ? l’imagination humaine est si bizarre, que le crime même peut avoir sa vanité. Nous avons étudié scrupuleusement l’accusé sous ce point de vue, et, selon nos impressions, rien n’est venu prêter le moindre fondement à cette crainte. Nous l’avons trouvé toujours simple, ne visant point à l’effet,