Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/30

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— Je ne suis pas encore un voleur ! dit-il impatienté.

— Celui qui vole ses parents peut voler partout, monsieur, lui répondit sentencieusement M. Lacenaire.

Le jeune Lyonnais quitta sa famille après ces paroles, et se rendit à Paris.

Hélas ! son père ne croyait pas si bien dire, car il ne manquait au jeune homme, pour devenir un des plus fameux bandits de son temps, que deux choses : la nécessité et l’occasion. Aussi, lorsqu’elles se réuniront pour le tenter, on verra de quoi il sera capable. C’était à Paris que Lacenaire devait montrer son savoir-faire, et c’est là en effet que nous allons le voir déployer son énergie pour le crime.


CHAPITRE IV.

Paris. ― Le jeu. ― Le faussaire.


Comme tous les jeunes gens qui ont eu l’imprudence de s’adonner à la rime en province, Lacenaire arriva à Paris avec d’immenses illusions et l’intention d’y vivre de sa plume. Hélas ! il était loin alors de soupçonner les déboires et les désespérances qu’amène cette résolution en apparence si raisonnable, et combien, pour quelques écrivains qui arrivent à l’aisance, il en est qui s’épuisent en luttes stériles contre l’indifférence et la misère ! Mais, fort de ses vingt-cinq ans, de sa confiance en lui-même et de ce qu’il croyait savoir, il se mit à l’œuvre et en-