Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/317

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Sorti de Poissy, j’eus d’autres vues ; mes projets, mes intentions ne furent plus les mêmes. Je voulais, s’il m’était possible, rentrer dans le sein de la société.

Vous avez vu, messieurs, quel concours de circonstances m’en ont repoussé.

Du 20 août enfin jusqu’au 12 septembre, jour où je rencontrai Bâton, qui a joué un grand rôle dans tout cela, je n’avais vécu que de vols.

Je n’avais pas vu Bâton depuis sa sortie de Poissy ; j’ignorais même qu’il fût en liberté ; je le croyais encore en prison pour longtemps ; mais il avait été gracié. Je le rencontrai d’aventure sur le boulevard. Je lui fis part de ma position difficile ; il me dit la sienne : nous avions tous les deux la conscience assez large ; nous avions l’un et l’autre les mêmes intentions. « Travaillons ensemble, » me dit-il. Vous ne comprenez peut-être pas parfaitement, messieurs, je traduis ; cela veut dire : « Nous volerons ensemble ! »

Alors seulement je lui fis part de mes idées ; Bâton, lorsque je lui eus communiqué mes moyens d’exécution, acquiesça à mes projets ; il m’offrit ses services, et il fut convenu que nous mettrions mes plans à exécution ; mais nous n’avions pas d’argent, et il en fallait pour louer un appartement. Ce fut alors que je fis mon premier faux. Doutez-vous de la sincérité de ma déclaration ? Constatez la date de ce premier faux. Quelques rentrées nous étaient venues de ces faux ; les premiers fonds furent employés à louer l’appartement de la rue de la Chanvrerie.

Le 14 novembre, nous devions mettre le complot à exécution, Bâton et moi ; l’affaire a manqué, vous savez