Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/331

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Mais la nuit, dira-t-on, craignez que dans la terre
Ne glisse jusqu’à vous un spectre au long suaire.
Il vaut mieux voir un spectre assis près de son lit
Qu’une lame briller dans une obscure nuit,
Et la sueur du front plus aisément s’efface
Que d’un coup de poignard ne disparaît la place :
Car il est doux, bien doux, de sentir sous ses yeux
Se tordre un ennemi… c’est un plaisir des dieux !
Tout homme. ..........
...............

...............
Haïr et me venger, c’est tout ce que j’aimais !
Si tu n’es pas un mot pour expliquer le monde
Quand tu me jugeras dans ta haine profonde,
Au lieu de les ouvrir en me fermant tes bras
Qu’avec plaisir ! .......
L’on m’a dit que le jour où tu me donnas l’être,
Ce qu’aujourd’hui je suis, tu pouvais le connaître !
C’est donc ma faute à moi, si du moment fatal
Où, semant sur mes pas et le bien et le mal,
Me criant : marche, marche, et me poussant sans doute,
Du crime devant moi tu n’ouvris que la route ?


LA SYLPHIDE


Être divin, beauté touchante et pure,
Que je rêvais dès mes plus jeunes ans,
Qui que tu sois, esprit ou créature,
Prête l’oreille à mes derniers accents !
Sur les rescifs d’une mer agitée,
Ta m’as guidé, phare mystérieux :
Je vois le port, et mon âme enchantée
Ira bientôt te retrouver aux cieux.

Je te cherchais sous les brillants portiques
Où vont ramper les séides des rois ;
Je te cherchais sous les chaumes rustiques