Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/348

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assez fort pour accepter la lutte, les durs labeurs et les souffrances de cette ingrate carrière des lettres. Alors il se drapa dans sa vanité, vécut de faux et d’escroqueries, et se choisit un auditoire d’hommes illettrés dont il devint l’oracle. Ses appétits matériels devenant de plus en plus tyranniques, la soif inextinguible et funeste dont il était affligé se développant sans cesse, il ne put jamais faire halte dans le chemin du crime.

C’est alors qu’abolissant en son âme d’athée la conscience, il se fit sans remords, pour vivre sans travailler, entrepreneur d’assassinats. La justice divine le fit trébucher sur un grain de sable. En se voyant à tout jamais perdu, il se cramponna en désespéré à son orgueil, et eut encore la force de mourir bravement après avoir composé lui-même une complainte sur sa vie.

Quant à François, il partit avec le dernier départ de forçats qui eut lieu à Bicêtre, et scandalisa la foule par l’immoralité de ses propos. Il se vanta d’avoir fait voir le tour aux jurés par ses discours devant les assises, et arriva au bagne en riant.

Quelques jours après son arrivée, nous a-t-on dit, il fut envoyé en mer avec d’autres forçats pour accomplir un travail pénible. Ses compagnons revinrent sans lui, et prétendirent qu’il s’était noyé. On se rappelle que François avait été le premier délateur dans l’affaire Chardon et que Lacenaire l’avait condamné à mort.

fin.