Page:Lacuzon - Éternité, 1902.djvu/28

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Il est plus difficile de s’absorber aux profondeurs de la pensée et du sentiment pour essayer d’en dégager le signe essentiel, que d’en travestir et grimer les manifestations extérieures, suivant une phraséologie de convention. D’ailleurs, pour atteindre à un tel résultat, il faut connaître le recueillement et savoir méditer. Or, cette façon d’être, quoi qu’il arrive, sera toujours bien peu conciliable avec les préoccupations de tel aventureux courtisan de la muse et du succès, dont l’impatience trahirait vite la vocation artificieuse. Heureusement, la réclame moderne, au plus fort de son action néfaste, dérobe une qualité merveilleuse. C’est que, par l’excès même de son zèle et ses innombrables ressources de divulgation, elle est impuissante à maintenir longtemps l’illusion sur un talent suspect dont chacun s’est trouvé à même, comme malgré soi, de constater l’insuffisance ou la médiocrité. Démasqué par elle, l’homme du jour s’effondre s’il n’est l’homme d’une œuvre.

Ces remarques faites, la sincérité, dont l’affirmation première est l’horreur du