Page:Lamairesse - L’Empire chinois, le Bouddhisme en Chine et au Thibet.djvu/22

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée
— 14 —

On voit en Chine, en dehors et près des villes un grand nombre d’arcs de triomphe, élevés en l’honneur de vierges ou de femmes vertueuses (Père Huc). Les Chinois attachent donc du prix à la pureté virginale, tout en condamnant le célibat.

Le sentiment de la perpétuité et de l’indissolubilité du mariage est profondément enraciné dans la conscience des masses. Cependant la femme légalement ne compte pour rien. Elle est mineure à toute époque de sa vie. Veuve elle est sous la tutelle de son fils aîné qui toutefois, obéissant au principe de la piété filiale, l’entoure de beaucoup de respect. Elle n’hérite pas, elle appartient à son mari qui l’achète quelquefois très cher, elle ne mange point avec son mari et ses fils ; elle ne parle point à son mari en public. C’est à cause du prix qu’elle coûte et des fils qu’elle donne à son mari et qu’elle élève qu’elle est l’objet de soins plus ou moins grands suivant sa position sociale ; la femme du commun, quand elle rencontre un homme de sa connaissance, doit lui tourner le dos par respect^^1.

La femme riche, sauf dans quelques occasions où elle partage les honneurs dus au rang de son mari, ne parait au dehors que pour aller de temps en temps à la pagode et pour rendre des visites à ses amies. Son occupation et sa recommandation principale, sont les soins qu’elle donne à l’éducation de ses enfants, surtout à ses fils, auxquels elle doit inspirer les vertus et inculquer les principes de la civilisation chinoise. Elle peut étudier, dessiner, lire, faire des vers, etc. Elle est traitée avec un respect extérieur ; un homme qui compte ne maltraite pas sa femme, il serait déshonoré. Il la consulte même pour ses affaires et les décisions de famille si elle est intelligente. Mais il y a la jalousie, les secondes femmes, etc.

La femme pauvre travaille à la maison ou aux champs, et pour qu’elle puisse le faire, on ne lui estropie point les pieds dans son enfance. Elle a ainsi plus de liberté et est réellement moins malheureuse que la grande dame. C’est chez les fumeurs d’opium que sa condition est la plus triste. Beaucoup de leurs femmes se suicident de désespoir.

1 Cet usage existe aussi dans l’inde, je l’ai observé à Pondichéry.