Page:Lamairesse - L’Empire chinois, le Bouddhisme en Chine et au Thibet.djvu/29

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dénonçant à l’autorité ; cent coups de bâton pour les parents et... cent coups de bâton... cent coups de bâton pour les voisins, car ceux-ci auraient bien du connaître le scandale donné par la fille.

Cette théorie juridique est fondée principalement sur le Hiao king, Livre sacré de la Piété filiale dont la première édition a été donnée par Confucius et qui a été traduit par M. de Rosny. On fait rentrer dans les crimes contre la piété filiale tout acte que Ton prétend faire scandale et on en rend responsable tous les membres de sa famille. Dans chaque division territoriale composée de cent familles, il y a un chef choisi par les concitoyens avec six autres pour veiller au paiement des impôts. Il est responsable de tous les délits qui peuvent se commettre dans la division. Pour les crimes d’Etat, la peine est la mort lentè et cruelle ; en outre, tous les parents mâles au premier degré ainsi que les ascendants et les collatéraux, sont indistinctement décapités. C’est par cette terreur qu’on maintient la tranquillité en Chine, et cependant aucun pays n’a eu plus de révolutions.

Toutefois, on trouve dans le Code pénal de Chine des choses remarquables : le droit de grâce réservé au Souverain (aucune sentence capitale n’est exécutée sans qu’il lui en soit référé), les circonstances atténuantes, le droit d’appel, la liberté individuelle garantie par la responsabilité des magistrats.

À l’inverse de ce qui a lieu en Europe, la responsabilité pèse toujours sur les inférieurs, lors même qu’ils justifieraient qu’ils n’ont fait qu’obéir aux supérieurs ; on admet qu’ils devraient refuser leur concours à l’exécution d’une mesure illégale. En cas de condamnation injuste, le plus gravement puni est le commis qui tient le registre, viennent ensuite les autres degrés en s’élevant jusqu’au Président du Tribunal.

On échappe au supplice par le suicide. Les grands portent des boules empoisonnées dans leurs colliers.

Innombrables sont les suicides, les victimes des accidents ordinaires et des brigands, les morts dans les batailles et les insurrections ; les massacres ou supplices après la défaite. Comme la loi respecte les morts, quand un accusé veut sauver sa famille, il se donne la mort. Pour se venger d’un ennemi qu’on ne peut atteindre autre-