Page:Lamairesse - L’Empire chinois, le Bouddhisme en Chine et au Thibet.djvu/34

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vières, lorsqu’ils se montraient aux humains, le vent faisait rage, la pluie tombait à torrens ; autour d’eux apparaissaient des lueurs extraordinaires.

Le Chan-hai King traduit par M. Léon de Rosny et qui est sans doute la plus vieille géographie du monde, renferme le nom des génies spéciaux aux différentes montagnes de la Chine et la description des cérémonies pratiques en l’honneur de chacun d’eux. — Elles comprenaient le plus souvent des offrandes de riz et de vin et des sacrifices d’animaux ; on les accomplissait sur des tertres artificiels environnés d’une plateforme qu’on nivelait avec ; soin. Au nombre des offrandes figuraient des objets en jade, des tablettes votives de différentes formes, ou bien des sceptres fabriqués avec une pierre précieuse, on les ; enterrait à la fin du service sacré. Le même livre mentionne des danses religieuses avec le concours d’armes et d’instrument de musique.

Confucius ne mentionne les Chin ou génies (qu’il ne faut pas confondre avec les Sièn ou immortels) que pour tenir compte d’une croyance populaire fortement enracinée et il s’efforce de leur retirer leur caractère mythologique. Ils ne sont plus pour lui les forces naturelles déifiées, comme les Devas et les Assuras, mais des êtres ; qui ont acquis l’état surnaturel par une vertu supérieure, souvent même les ancêtres déifiés.

Dans le Yila King seul, le Chin est rattaché au Dualisme, très ancien en Chine des principes mâle et femelle ; « ce qui est inscrutable dans le principe mâle et dans le principe femelle s’appelle Chin.

2° Sélection ou épuration de l’Animisme. L’existence du Polythéisme est, suivant M. de Rosny, établie par plusieurs anciens monuments littéraires de la dynastie des Tcheou et peut-être même par des écrits qui remontent à des temps encore plus reculés. Ce polythéisme s’est traduit par des déifications en nombre illimité à partir de la dégénérescence du Taoïsme sous l’Empereur Chi-Hoang-ti et probablement un siècle à un siècle et demi avant lui. Ce que nous savons du polythéisme ancien est trop rudimentaire. Il faudrait dégager le reste des superfétations modernes qui sont l’œuvre des Taossé.

Dans ce polythéisme, il est souvent question de métamorphoses. Les livres Indigènes en renferment de nom-