Page:Lamairesse - L’Empire chinois, le Bouddhisme en Chine et au Thibet.djvu/35

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breux récits d’une naïveté enfantine et, pour la plupart d’une forme bizarre et à peine dégrossie qui exclut toute sentimentalité et toute poésie. Après la réforme décrétée par l’Empereur Vouvang de la dynastie des Tcheou, le polythéisme de la Chine devient une adoration purifiée des 1 esprits célestes, terrestres et humains étroitement unis avec les objets naturels ; d’où une tendance au fétichisme.

Le ciel considéré comme un être personnel, comme le pouvoir suprême, est au sommet de ces esprits. C’est lui qui a tout produit dans la collaboration avec la terre. Sa volonté fait le destin. Il récompense et punit. Maître unique, il a sous lui des esprits innombrables ; ceux du Soleil, de la Lune, des astres etc.

L’esprit de la Terre est généralement regardé comme féminin et il commande aux Esprits des fleuves, des montagnes, etc.

C’était l’Animisme systématisé par la politique des Empereurs de manière à en rendre les superstitions le moins dangereuses possible. On y trouve la doctrine de la survivance, telle qu’elle a été admise chez tous les peuples sauvages, le culte des mânes des ancêtres, mais nulle trace de la rétribution après la mort.

Le culte réglé minutieusement était l’affaire de l’état seul et ressortait à un ministre qui dirigeait tous les fonctionnaires attachés au Culte y compris les musiciens et les danseurs. L’Empereur seul sacrifiait à Thian l’Esprit du Ciel ; ses vassaux aux esprits de la Terre, des fruits, des champs ; les Hauts fonctionnaires aux cinq esprits domestiques ; et ainsi de suite.

Dans les sacrifices, on offrait aux esprits la partie des victimes, quelquefois humaines, qu’on regardait comme le siége de l’âme ou de la vie. Les Magiciens, et devins étaient des fonctionnaires. On attachait une grande importance à leurs oracles[1].

Les premiers Empereurs Chinois adoraient sous le nom de Chang-ti les esprits de leurs ancêtres déifiés, et ils leur adressaient des prières pour être secondés. Un Chang ti était suffisant comme gardien de l’Empire et se perpétuait

  1. En Chine, comme en Grèce et à Rome, la religion n’a été qu’une institution politique reposant sur les superstitions populaires.