Page:Lamartine - Œuvres complètes de Lamartine, tome 1.djvu/123

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avec les larmes des générations qu’ils racontent, et avec le sang des hommes vertueux que ces générations immolent on récompense de leurs vertus. Une nuit, je me levai, je rallumai ma lampe, et j’écrivis ce gémissement ou plutôt ce rugissement de mon âme. Ce cri me soulagea : je me rendormis. Après, il me sembla que je m’étais vengé du destin par un coup de poignard.

Il y avait bien d’autres strophes plus acerbes, plus insultantes, plus impies. Quand je retrouvai cette Méditation, et que je me résolus à l’imprimer, je retranchai ces strophes. L’invective y montait jusqu’au sacrilége. C’était byronien ; mais c’était Byron sincère, et non joué.