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COMMENTAIRE


DE LA SEPTIÈME MÉDITATION




Il y a des heures où la sensation de la douleur est si forte dans l’homme jeune et sensible, qu’elle étouffe la raison. Il faut lui permettre alors le cri et presque l’imprécation contre la destinée ! L’excessive douleur a son délire, comme l’amour. Passion veut dire souffrance, et souffrance veut dire passion. Je souffrais trop ; il fallait crier.

J’étais jeune, et les routes de la vie se fermaient devant moi comme si j’avais été un vieillard. J’étais dévoré d’activité intérieure, et on me condamnait à l’immobilité ; j’étais ivre d’amour, et j’étais séparé de ce que j’adorais : les tortures de mon cœur étaient multipliées par celles d’un autre cœur. Je souffrais comme deux, et je n’avais que la force d’un. J’étais enfermé, par les suites de mes dissipations et par l’indigence, dans une retraite forcée à la campagne, loin de tout ce que j’aimais ; j’étais malade de cœur, de corps, d’imagination ; je n’avais pour toute société que les bois chargés de givre de la montagne en face de ma fenêtre, et les vieux livres d’histoire, cent fois relus, écrits