Page:Lamartine - Œuvres complètes de Lamartine, tome 1.djvu/146

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
144
MÉDITATIONS POÉTIQUES.


Ils allèrent chercher dans toutes les familles
Le plus beau des linceuls dont on pût la parer ;
Pour lui faire un bouquet, des lis et des jonquilles ;
Pour lui chanter l’adieu, des chœurs de jeunes filles ;

Et des mères pour la pleurer.

Ils lui firent un lit de sable où rien ne pousse,
Symbole d’amertume et de stérilité ;
Mais les fleurs de pitié rendirent la mer douce,
Le sable de ses bords se revêtit de mousse,

Et cette fleur s’ouvre l’été.

Vierges, venez cueillir ce beau lis solitaire,
Abeilles de nos cœurs dont l’amour est le miel !
Les anges ont semé sa graine sur la terre ;
Son sol est le tombeau, son nom est un mystère ;

Son parfum fait rêver du ciel.