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POÉTIQUES.

Il me semble qu’un Dieu, dans tes rayons de flamme,
En échauffant mon sein pénètre dans mon âme !
Et je sens de ses fers mon esprit détaché,
Comme si du Très-Haut le bras m’avait touché.
Mais… ton sublime auteur défend-il de le croire ?
N’es-tu point, ô soleil ; un rayon de sa gloire ?
Quand tu vas mesurant l’immensité des cieux,
Ô soleil, n’es-tu point un regard de ses yeux ?

Ah ! si j’ai quelquefois, aux jours de l’infortune,
Blasphémé du soleil la lumière importune,
Si j’ai maudit les dons que j’ai reçus de toi,
Dieu, qui lis dans nos cœurs, ô Dieu, pardonne-moi !
Je n’avais pas goûté la volupté suprême
De revoir la nature auprès de ce que j’aime,
De sentir dans mon cœur, aux rayons d’un beau jour,
Redescendre à la fois et la vie et l’amour.
Insensé ! j’ignorais tout le prix de la vie ;
Mais ce jour me l’apprend, et je te glorifie !