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POÉTIQUES.


Aux bords d’un lac d’azur, il est une colline
Dont le front verdoyant légèrement s’incline

Pour contempler les eaux ;

Le regard du soleil tout le jour la caresse,
Et l’haleine de l’onde y fait flotter sans cesse

Les ombres des rameaux.


Entourant de ses plis deux chênes qu’elle embrasse,
Une vigne sauvage à leurs rameaux s’enlace,

Et, couronnant leurs fronts,

De sa pâle verdure éclaircit leur feuillage,
Puis sur des champs coupés de lumière et d’ombrage

Court en riants festons.


Là, dans les flancs creusés d’un rocher qui surplombe,
S’ouvre une grotte obscure, un nid où la colombe

Aime à gémir d’amour ;

La vigne, le figuier, la voilent, la tapissent ;
Et les rayons du ciel, qui lentement s’y glissent,

Y mesurent le jour.


La nuit et la fraîcheur de ces ombres discrètes
Conservent plus longtemps aux pâles violettes

Leurs timides couleurs ;

Une source plaintive en habite la voûte,
Et semble sur vos fronts distiller goutte à goutte

Des accords et des pleurs.


Le regard, à travers ce rideau de verdure,
Ne voit rien que le ciel et l’onde qu’il azure,