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MÉDITATIONS


Sœur des Psychés, ou fille d’Ève !
Quand ma jeunesse avait sa séve,
C’était sous ces traits que le rêve
M’incarnait en un mille amours ;
Je leur disais : « Je vous adore !
» Ne disparaissez pas encore !… »
Mais ils fuyaient avec l’aurore,
Et tu renais avec les jours !

Oh ! pourquoi, divine inconnue,
Pourquoi si tard es-tu venue,
Du ciel, de l’air ou de la nue,
Passer et luire devant moi ?
Du regard je t’aurais suivie !
Ô Dieu ! qui me rendra ma vie ?
Ma part de temps me fut ravie,
Puisque je vécus avant toi.

Jour à jour, d’ivresse en ivresse,
Tu m’aurais conduit comme en laisse,
Sans autre chaîne qu’une tresse,
Depuis l’aube jusqu’au trépas ;
Sur tout l’univers dispersée,
Et dans mille coupes versée,
Ma vie, immobile pensée,
N’eût été qu’un pas sur tes pas !

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