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POÉTIQUES.
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Retour perdu vers l’impossible !
Le Temps, sous son aile inflexible,
A passé ma vie à son crible,
Ainsi qu’un rude moissonneur ;
Un peu de terre amoncelée
Dira bientôt dans la vallée :
« De ses jours la gerbe est foulée,
» Et voilà la part du glaneur ! »

Ces heures, en cercle enchaînées,
Qui dansaient au seuil des années,
Sortent du chœur découronnées,
Et leur aspect se rembrunit ;
La dernière vers moi s’avance,
Et du doigt me montre en silence
La couche où le sommeil commence
Sur un oreiller de granit.

Est-ce l’heure d’ouvrir son âme
À ces songes aux traits de femme,
Qui brûlent d’un poison de flamme
Les yeux d’abord, le cœur après,
Quand des jours l’espace et le nombre
Se borne au petit cercle d’ombre
Que décrit, sur un tertre sombre,
La flèche d’un jeune cyprès ?