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POÉTIQUES.

Ta route à l’immortalité :
Trop grand pour un siècle vulgaire,
Ta gloire tristement éclaire
Son envieuse obscurité !

« En vain l’impure Calomnie
Lançant ses traits sur l’avenir,
Ne pouvant nier ton génie,
S’efforce au moins de le ternir :
Comme un vaisseau voguant sur l’onde
Traîne après soi la vase immonde
Qu’il a soulevée en son cours,
Ton nom, plus fort que l’injustice,
Traîne ton Zoïle au supplice
D’une honte qui vit toujours !

« Meute hideuse qu’un grand homme
Traîne sans cesse sur ses pas,
Toujours acharnés s’il vous nomme,
Honteux s’il ne vous nomme pas ;
Je pourrais… Mais que ce silence
Soit contre eux ma seule vengeance !
Les dieux nous vengent à ce prix.
Que l’oubli soit leur anathème ;
Que leurs noms n’héritent pas même
L’immortalité du mépris !

« Vils profanateurs que vous êtes,
Aux yeux des siècles indignés
Croyez-vous couronner vos têtes
Des rayons que vous éteignez ?