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LETTRE


À M. LE COMTE D’ESGRIGNY





Saint-Point, 4 octobre 1849.


MON CHER D’ESGRIGNY.

Ce matin, mon éditeur m’a écrit de Paris pour me demander un prologue aux Harmonies poétiques et religieuses. Ce prologue, je l’ai promis dans le prospectus de mes œuvres, revues, épurées, commentées et publiées par moi-même. Le laboureur retourne ainsi son champ aux premières brumes d’automne, et enterre, sur le revers du sillon, les herbes parasites qui ont poussé inutilement entre la dernière moisson et la prochaine semaille. Il faut tenir ma promesse ; il faut que le prochain courrier emporte aux