Page:Lamartine - Œuvres complètes de Lamartine, tome 3.djvu/154

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Fleur tout prodige et tout mystère,
L’abîme amer est son berceau ;
Nul fil ne l’attache à la terre,
Nulle main ne la désaltère,
Nulle ancre ne la tient sous l’eau.


Savez-vous son nom ?
Le flot le soupire,
Il fuit sans le dire.
Savez-vous son nom ?

Oh non !






Elle est pâle comme une joue
Dont l’amour a bu les couleurs ;
Et quand la vague la secoue,
De son bouton, qui se dénoue,
Il pleut une séve de pleurs.


Savez-vous son nom ?
Le flot le soupire,
Il fuit sans le dire.
Savez-vous son nom ?

Oh non !






Les cygnes noirs nagent en troupe,
Pour voir de près fleurir ses yeux ;
Le pêcheur, penché sur sa poupe,
Croit qu’une étoile du saint groupe
Est tombée, en dormant, des cieux.