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COMMENTAIRE


DE LA CINQUIÈME HARMONIE




J’ai adressé cette Harmonie, en 1829, à Manzoni, dans une des phases religieuses de ma pensée. Je chantais la vérité, par ce besoin d’adoration qui est en nous. Je ne dirai rien ici du sujet ; mais je dirai un mot de Manzoni.

Je l’avais connu, quelques mois auparavant, à Florence, où il avait passé un hiver. J’avais lu autrefois ses tragédies, puis ses romans, avec admiration, mais sans enthousiasme. Je venais de lire ses poésies lyriques, où le grand poëte éclate tout entier. Qui ne sait par cœur sa cantate sur la tombe de Bonaparte ?

Manzoni m’avait intéressé plus encore par sa personne que par ses œuvres. C’est un génie souffrant, un accent de douleur incarné dans un homme sensible ; c’est en même temps un génie pieux. Sa figure porte tous ces caractères. Sa stature est frêle ; son visage, doux et triste ; son regard, tourné vers les regrets ; sa parole, lente, faible, découragée. Il avait alors autour de lui une charmante famille d’enfants. Sa fille, âgée de dix-huit ans, et