Page:Lamartine - Œuvres complètes de Lamartine, tome 8.djvu/209

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dahra, assemblée secrète. Scheik-Ibrahim, ayant été appelé au dahra, montra quelque défiance de Farès, craignant qu’il ne fût l’espion des Wahabis. Le drayhy lui dit : « Vous jugez les Bédouins comme les Osmanlis. Sachez que le caractère des deux peuples est absolument opposé. La trahison n’est pas connue parmi nous. » Après cette déclaration, tous les scheiks présents au conseil se donnèrent mutuellement leur parole. Scheik-Ibrahim profita de cette disposition des esprits pour leur proposer de conclure un traité par écrit, qui serait signé et scellé par tous ceux qui voudraient successivement entrer dans l’alliance contre Ebn-Sihoud. C’était un grand pas de fait dans l’intérêt de Scheik-Ibrahim, et je rédigeai l’engagement en ces termes :

« Au nom du Dieu de miséricorde, qui par sa force nous aidera contre les traîtres. — Nous lui rendons grâces de tous ses bienfaits ; nous le remercions de nous avoir fait connaître le bien et le mal, de nous avoir fait aimer la liberté et haïr l’esclavage ; nous reconnaissons qu’il est le Dieu tout-puissant et unique, et que lui seul doit être adoré.

» Nous déclarons que nous sommes réunis de notre propre volonté et sans aucune contrainte ; que nous sommes tous sains de corps et d’esprit, et que nous avons résolu à l’unanimité de suivre les conseils de Scheik-Ibrahim et d’Abdallah-el-Kratib, dans l’intérêt de notre prospérité, de notre gloire et de notre liberté. Les articles de notre traité sont :

» 1o De nous séparer des Osmanlis ;