Page:Lamartine - Œuvres complètes de Lamartine, tome 8.djvu/308

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APPENDICE




J’ai vu Fatalla Sayeghir en 1847. Le vieil Arabe arrivait en France en pèlerin plutôt qu’en voyageur. Paris est pour les Orientaux une Mecque de curiosité et de fascination. L’ombre de protection et de puissance que la France chrétienne jetait par delà les mers sur la Syrie a pu décroître et se retirer avec les siècles : elle est restée fixée, dans l’imagination orientale, en mirage de respect et de prestige. La France était d’ailleurs presque une patrie pour Fatalla. Il savait qu’il avait été l’obscur émissaire de sa grandeur dans la Syrie, que ces vaisseaux du désert qu’il avait montés dans son grand voyage avec M. Lascaris devaient rapporter au grand sultan des Francs tout un monde d’ambition et de conquêtes.