Page:Lamartine - Œuvres complètes de Lamartine, tome 8.djvu/365

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» Dites-leur que leur esclave déplore leur éloignement pour lui.

» Si vos lois vous permettent de me tuer, satisfaites votre désir ; personne ne vous demandera compte de mon sang. »

Antar, s’étant précipité au milieu de l’ennemi, disparut aux yeux des siens, qui, craignant pour sa vie, se disposaient à lui porter secours ; lorsqu’il reparut, tenant la tête du chef des ennemis, il dit les vers suivants :

« Si je ne désaltère pas mon sabre dans le sang de l’ennemi, s’il ne découle pas de son tranchant, que mes yeux ne goûtent aucun repos, même en renonçant au bonheur de voir Ablla dans mes songes !

» Je suis plus actif que la mort même, car je brûle de détruire ceux qu’elle consentirait à attendre.

» La mort, en voyant mes exploits, doit respecter ma personne. Les bras des Bédouins seront courts contre moi, le plus redoutable des guerriers ; moi, le lion en fureur ; moi, dont le glaive et la lance rendent aux âmes leur liberté.

» Quand j’apercevrai la mort, je lui ferai un turban de mon sabre, dont le sang relève l’éclat.

» Je suis le lion qui protége tout ce qui lui appartient.

» Mes actions iront à l’immortalité.