Page:Lamartine - Œuvres complètes de Lamartine, tome 8.djvu/54

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


Au sabre sont trois poignées d’or,
Sur lesquelles brillent trois pierres précieuses :
Trois villes de tzar vaut bien cette épée…
Sur les genoux du héros est une longue carabine ;
Trente anneaux d’or y sont attachés ;
Chaque anneau vaut bien dix pièces d’or ;
Celui de la batterie en vaut trente.
Il y a dans cette arme plus d’or que de fer.

Comme le héros sommeillait dans l’herbe,
Voici que les rameaux du pin s’agitent.
Mustaj-Beg presse le guerrier sur la terre ;
Près de lui sont les trente-quatre compagnons,
Et ils le dépouillent de ses armes brillantes.
Alors le héros sort de son profond sommeil.
Lorsque de ses yeux noirs il eut vu
Comme les Turcs l’avaient surpris,
Et qu’il n’avait plus ses armes,
Son cœur généreux fut près de se briser.
De ses deux mains il saisit ce qui se trouve autour de lui.
Et il entraîne jusqu’à terre et tue
Sept compagnons du beg de Lika,
Jusqu’à ce que les autres, ayant lié ses fortes mains,
Le chassent prisonnier devant eux,
Après lui avoir attaché ses armes sur le dos ;
Et petits et grands de s’émerveiller
Qu’avec toutes ces magnifiques armes,
Mustaj-Beg eût vaincu le guerrier.
Ils s’avancèrent ainsi vers Udbinja.