Page:Lamartine - Œuvres complètes de Lamartine, tome 8.djvu/55

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Quand ils furent en rase campagne,
Mustaj-Beg commença ainsi :

« Pour Dieu, guerrier inconnu, dis-moi,
D’où es-tu, et de quelle contrée ?
Qui es-tu ? Quel est ton nom ?
Où avais-tu intention de te rendre ?
Et où sont tes compagnons ? »

Et le guerrier étranger lui répondit :
« Pourquoi ces questions, Mustaj-Beg de Lika ?
As-tu jamais entendu parler des côtes latines,
Des côtes de Kotari la chrétienne,
Et de Stojan Jankowitsch ?
Je suis ce Stojan, et point d’autre.
Je n’ai ni compagnons ni suivants :
Dieu seul marche avec moi !

Quant au projet qui m’amène ici,
Je voulais me rendre vers ta demeure,
Et de là attirer Hajkuna, la jeune fille ;
Je voulais l’emmener vers Kotari.
Mais Dieu ne me l’a pas permis :
Un maudit breuvage m’a trahi… »

Là-dessus Mustaj-Beg de Lika répondit :
« Bravo ! bravo ! Stojan Jankowitsch !