Page:Lamartine - Œuvres complètes de Lamartine, tome 8.djvu/58

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Tire-moi jusqu’à la moitié de mon cachot,
Et je te dirai tout ce que tu demandes. »

Lorsque la jeune Turque entendit ceci,
Elle laissa tomber la corde jusqu’au fond.
Il y avait des crochets et des boucles à la corde ;
Elle le tira jusqu’à la moitié de la hauteur,
Et le prisonnier demanda encore une fois :
« Qui m’appelle ainsi hors du cachot ? »
Et la jeune Turque se faisant connaître :
« C’est moi qui t’appelle, ô guerrier étranger !
Moi, la sœur de Mustaj-Beg de Lika. »

Là-dessus Stojan Jankowitsch repartit :
« Hajkuna ! oh ! que Dieu te bénisse !…
Je suis Stojan Jankowitsch, et pas d’autre.
C’est pour l’amour de toi que me voici captif !…
Le Turc m’a surpris dans l’ivresse,
Et m’a lié les mains. »

La jeune Turque lui répondit :
« Maintenant écoute-moi, Stojan Jankowitsch !
Les Turcs veulent ta mort, infortuné !…
Demain ils viendront te proposer
De te faire Turc, pour sauver ta vie…
Deviens un Turc ! deviens-le, brave Stojan !
Et je serai pour toi une fidèle épouse !
Vois ! mon frère Mustaj-Beg