Page:Lambeau - Histoire des communes annexées à Paris en 1859. La Chapelle Saint-Denis.djvu/65

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
LA CHAPELLE-SAINT-DENIS

Depuis les temps les plus lointains ce bâtiment, qui faisait partie de l’ensemble des édifices affectés à la justice seigneuriale : geôle, audience, pressoir, était commun à l’abbaye et au curé de la paroisse et était, avec eux, situé près de l’église. Cette communauté de jouissance résultait du fait qu’il servait à engranger, non seulement les dîmes de la seigneurie, mais la part de celles-ci attribuée au Curé sous le nom de gros. Nous en avons la preuve dans un acte du mois de février 1240, dont nous relevons le texte ci-après, dans un inventaire des chartes de l’abbaye de Saint-Denis :

Confirmation par Guillaume, Evêque de Paris, de l’accord fait entre les abbé et couvent de S1 Denis, d’une part, et Josselin, prestre et curé de la paroisse de Ste Geneviève de la Chapelle, d’autre part, que la porte qui est entre l’église de Ste Geneviève de la Chapelle et la grange ou ferme de St Denis, n’aura qu’une serrure, dont le dit curé et ses successeurs auront une clef, et le dit aumosnier en aura une pareillement, et ne pourront, les dits curez, empescher les dits aumosniers et leurs serviteurs d’avoir libre accez dans la dite grange ou ferme et au pressoir appartenant aux dits de St Denis. Sous le scel du dit Evêque, au mois de febvrier 1240[1].

Dans le bail de la dîme des grains, passé par l’aumônier de Saint-Denis, à « Aubellet Dufaiel, » le 4 juillet 1456, on voit que le preneur devait livrer un cent de bottes de paille à la grange dîmeresse de la Chapelle[2].

Jean Gilbert, fermier des dîmes, de par son bail du 20 mars 1567, était tenu d’y engranger blé, avoine, orge, poix, fèves, paille revenant au seigneur. Il assumait aussi la charge de pourvoir, à ses dépens, la dite grange dîmeresse, de couvertures et gouttières et, en général, de tout ce qui concernait son entretien et ses réparations[3].

  1. Archives Nationales. Inventaire des chartes de l’Abbaye de Saint-Denis. Registre II, f° 3o6 (L. L. 1190).
  2. Archives Nationales. S. 2372.
  3. Archives Nationales. S. 2372.