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LE SIÉGE DE PARIS.

de vaincre remplace tous nos désirs ; il faut que toutes nos habitudes se transforment, que tous nos petits défauts se corrigent, que toutes nos qualités s’agrandissent et se développent. Le salut est à ce prix !

M. Peyrat est venu me voir à l’ambulance du Conservatoire. L’un de ses fils, mobile de la Seine, un franc Parisien, gouailleur, spirituel, sceptique, s’est bien comporté et bien battu. Le père est content, les amis applaudissent. L’autre fils de M. Peyrat, Georges, est enfermé à Strasbourg ; on le croit vivant. Son bataillon (chasseurs de Vincennes) était à Reischoffen ; il a été ramené dans l’héroïque ville. Le brave Georges défend Strasbourg ; il a été en Afrique, c’est un soldat.

Je suis allée ce soir chercher du linge au palais de l’Industrie pour l’ambulance du Conservatoire. En passant auprès de la statue de Strasbourg, je l’ai vue illuminée, couverte de fleurs fraîches, blanche, solennelle, se détachant sur un ciel sombre.

M. Pelletan a dîné chez nous. Il est coura-