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JOURNAL D’UN BIBLIOPHILE

cave et dans quel état ! Les souris les avaient tous rongés et mis hors de service. Pourriez-vous me procurer le roman « Le Chien d’Or » ?

— Madame, dis-je, ce roman n’est plus en librairie, mais on peut le trouver par hasard.

— Je le sais, reprit-elle, et j’ai écrit à plusieurs personnes, mais, si vous pouvez me le procurer, je vous donnerai vingt-cinq dollars pour votre trouble.

Elle partit. Je me mis en recherche et, au bout de huit jours, je lui remettais le volume demandé.

Ce volume lui coûtait dix-huit dollars, mais elle avait de la satisfaction pour beaucoup plus.

C’était, une autre fois, durant une campagne électorale. J’étais candidat du parti républicain pour la charge importante de l’assistance publique.

Un soir, quelques amis étaient venus me donner des nouvelles très encourageantes.

Parmi ce groupe, il y avait un homme que je ne connaissais pas et qui avait l’air renfrogné et peu loquace. Souvent, je remarquais son insistance à fixer les yeux sur ma bibliothèque.

Quand mes amis me quittèrent, mon homme, resté à l’écart, me poussa du coude, laissa partir les autres et me dit :

— Je vois que vous avez beaucoup de livres, n’avez-vous pas parmi ceux-ci le « Petit Albert » ?


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