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JOURNAL D’UN BIBLIOPHILE

Il sort une loupe de sa poche de veston et se met à examiner les autographes. Il s’arrête longuement sur celui de Victor Hugo mais, tout à coup, il lâche un juron et me dit :

— Malheur ! ceci n’est pas un autographe, c’est un imprimé des mieux réussis, si bien réussi, que c’est à s’y tromper !

Il parut très contrarié, continua en bougonnant à manœuvrer quelques feuilles à lui, puis il partit.

Je passai à la cuisine regarder l’heure, j’étais en retard pour le travail. Quand je revins pour ranger mes papiers et les remettre en place, je m’aperçus que mon autographe de Victor Hugo avait disparu et qu’il ne serait jamais plus question des cent dollars.

J’avais eu affaire à un adroit filou.

À propos d’autographes, le « Manchester Union » disait : « La Collection Lambert, propriété de l’Association Canado-Américaine, contient des ouvrages datés du seizième siècle, entre autres : « Nouvelle découverte d’un grand pays situé en Amérique », par le Père Louis de Hennepin. »

Ce livre, publié à Amsterdam en 1681, a appartenu à François-Joseph Talma, né en 1763, qui a été l’un des plus fameux tragédiens de son temps et qui avait fait ses débuts à la Comédie-Française en 1787.


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