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JOURNAL D’UN BIBLIOPHILE

siques français et quelques ouvrages sur le Canada. Je gardai ces derniers, mais, quant aux autres, j’en donnai une bonne partie au couvent Villa Augustina et le reste à des amis.

Dans ces livres, il y avait nombre d’autographes signés par des auteurs de renom, autographes que j’avais gardés tout en les laissant voir à des amis. J’avais cru, pour quelque temps, posséder un autographe de Victor Hugo et j’en témoignai ma joie à ces derniers.

Un jour, un riche Américain s’amène à la maison et me dit :

— Vous avez des autographes d’auteurs français ?

— Oui.

— Avez-vous celui de Victor Hugo ?

— Je le crois.

— Si vous avez cela en main, dit-il, je vous donnerai cent dollars.

J’allai chercher les autographes, car, de plus en plus, je croyais m’apercevoir que j’avais affaire à un enragé collectionneur.

En effet, quand je lui remis ces papiers, c’est avec des mains agitées qu’il les saisit, dans ses yeux se jouaient de petites étincelles et toute sa figure reflétait tour à tour les nuances les plus diverses.


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