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JOURNAL D’UN BIBLIOPHILE

« est un Sans-patrie et un traître, et qu’il n’a cessé de « dénigrer l’Angleterre, son pays, etc… » —

« D’abord, l’Angleterre n’est pas plus le pays de M. Bourassa qu’elle n’est le vôtre.

« Ce monsieur est né au Canada et sa patrie est le Canada. C’est précisément lui qui, par la création du mouvement nationaliste, a donné aux Canadiens une âme nationale, leur a formé une conscience patriotique. Ses fameux articles sur la conscription étaient basés sur la Constitution même du pays, sur l’autonomie que l’Angleterre a assurée au Canada. Est-ce que chez les Anglais les plus clairvoyants et les plus impartiaux, il n’y a pas eu protestation contre la participation du Canada aux guerres impérialistes ? Que dit, par exemple, ces temps-ci, dans une Revue de Toronto, M. Ewart ? Ses thèses ne concordent-elles pas avec celles du Devoir : Si le Canada doit être lancé dans toutes les guerres déchaînées par l’Angleterre, la situation des Canadiens devient pire que celle des ilotes. Quel état d’esprit colonial vous avez et quelle âme de valet !

« Enfin, le point culminant de votre élucubration est un exposé, tout simplement idiot, de l’attitude de M. Bourassa à l’égard de M. Laurier. Laissez-nous vous dire, en premier lieu, que vous n’avez pas plus de mémoire que de jugement. Le mot « historique » et si français, que M. Bourassa a dit de Laurier, se trouvait à la fin d’un article désormais célèbre où il


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