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RENCONTRES ET ENTRETIENS

Et de nouveau le père Millette fit du regard le tour de la salle pour avoir une réponse d’approbation de Mérance ; mais pas plus que la première fois, Mérance son épouse, n’était là pour l’approuver.

« Sacréyer ! tout de même ça prouve que tout le temps que monsieur le curé a vécu, sa parole s’est accomplie, et ma défunte tante Marianne n’est pas morte. »

L’heure de prendre le train pour retourner en ville approchait. Mes compagnons de voyage s’étaient levés, prêts à partir.

Je quittai à regret ce bon vieux Canadien, car ses récits m’intéressaient vivement. Or, si mon rôle d’auditeur avait été facile à remplir, j’étais satisfait, en ce jour de la Saint Jean-Baptiste d’avoir procuré un grand plaisir au père Millette, en me prêtant de bonne grâce à son entretien. Nous nous séparâmes enchantés, nous promettant bien de venir fêter encore la Saint Jean-Baptiste à Central Village, au milieu de tous ces braves gens, qui vinrent en grand nombre nous reconduire à la gare.

Seulement l’on se disait : L’an prochain, nous ferons mieux encore, car nous aurons un petit Saint Jean avec son agneau.