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prospérité et presque pour son existence, est l’introduction de la population et des capitaux, il serait plus prudent, plus juste en même temps, plus de l’intérêt comme du devoir du gouvernement, d’écarter les causes de désaffection, que de chasser les désaffectionnés. Mais il n’y a aucune raison de dire que tous les réformistes qui ont ainsi quitté le pays sont des hommes déloyaux et turbulents, et il n’est pas non plus bien clair qu’ils soient tous des réformistes, et que l’insécurité croissante pour les personnes et pour les biens n’ait pas induit à faire éloigner, sans distinction de politique, quelques-uns des plus grands propriétaires de la province. Le départ du monsieur qui y était venu de Trinidad, il n’y a que quelques années, a créé dernièrement une vive impression ; lequel, n’avait pris aucune part saillante, et certainement nullement violente, dans la politique ; et qui s’est transporté avec toutes ses richesses aux États-Unis, simplement parce que dans le Haut-Canada il ne peut placer sûrement des capitaux, et qu’il ne peut tranquillement jouir de la vie. J’ai entendu parler d’un autre monsieur Anglais, qui ayant résidé dans le pays six ou sept ans, et dépensé de fortes sommes d’argent à lever une race supérieure de bestiaux et de moutons, vendrait ses animaux et ses ustensiles d’agriculture, pendant que j’étais dans le pays, dans la vue d’aller s’établir dans l’Illinois. On m’a parlé d’un individu qui, il y a 30 ans, s’était enfoncé dans la forêt avec la hache sur le dos, et qui, sans aucun capital pour commencer, avait, par son travail constant, acquis une ferme et des bestiaux qu’il avait vendus pour £2000, avec laquelle somme il était passé aux États-Unis. On m’a assuré que cet homme n’était qu’un échantillon d’une classe nombreuse, à l’industrie infatigable desquels la province doit presque tout son avancement et sa prospérité. Ils en sont maintenant chassé à cause de l’insécurité actuelle de tous ceux qui, aux époques antérieures, s’étant identifiés en politique avec quelques-uns de ceux qui parurent subséquemment comme acteurs principaux dans la révolte, sont maintenant regardés et traités comme des rebelles, quoiqu’ils se soient abstenus complètement de participer en aucune façon aux plans ou actes de rébellion. Il règne aussi beaucoup d’alarme quant à la disposition générale de laisser le pays, qu’on disait avoir été produite par quelques mesures récentes des autorités, parmi cette race douce et industrieuse, mais particulière de descendants des Hollandais, qui habite les profondeurs du district de Niagara.

Tels sont les résultats lamentables des maux politiques et sociaux qui ont si long-temps agité les Canadas ; et telle est leur condi-