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même, été forcée d’établir un système de cotisation locale et de laisser en grande partie les travaux locaux à l’énergie des localités elles-mêmes. On assure, cependant, que la nature de ces grands ouvrages et la manière dont ils ont été conduits, indiquaient une attention particulière à des intérêts locaux et une disposition à gagner de l’influence de parti. Les habitants des districts moins peuplés se plaignaient que les revenus de la Province étaient employés en travaux qui n’étaient que pour le seul profit de la population de la frontière. L’argent absorbé par des entreprises qu’ils trouvaient disproportionnées aux ressources et aux besoins de la Province aurait suffi, dans leur opinion, à établir des moyens praticables de communication partout le pays ; et ils avançaient, non sans quelque raison en apparence, que si ce dernier système avait été suivi, la population et les ressources de la Province auraient été assez augmentées pour rendre les ouvrages actuellement entreprises utiles et profitables. La négligence et la profusion qui présidèrent à l’exécution de ces travaux, dont la direction était, selon que l’on s’en plaignait, confiée principalement aux membres du parti en pouvoir, étaient aussi considérés comme le résultat d’un dessein prémédité, et étaient permis, sinon encouragés, afin que quelques individus fussent enrichis aux dépens de la société. Des circonstances auxquelles je ferai allusion dans la suite, par lesquelles le progrès ultérieur de ces ouvrages a été arrêté, et les frais énormes encourus pour les mettre dans le présent état d’avancement été rendus inutiles, ont donné plus de force à ces plaintes et en outre du mécontentement produit par toutes ces dépenses, le parti du gouvernement a été tenu responsable du manque d’accomplissement de tous ces objets, ce qui peut être attribué à des causes sur lesquelles il n’avait pas de contrôle. Mais à quelque point quo ces intrigues aient été poussées, le cours de la contestation parlementaire du Haut-Canada n’a pas été marqué par cette singulière négligence des grands devoirs d’un corps législatif, que j’ai remarqués dans les procédés du parlement du Bas-Canada. Les statuts du Haut-Canada sont remplis de belles et utiles mesures de réforme, et présentent un contraste honorable avec ceux de la Province Inférieure.

Pendant que les partis luttaient ainsi, l’opération d’une cause entièrement indépendante de leurs disputes, éleva tout-à-coup un troisième parti très considérable qui commença à faire son apparition parmi les combattants politiques, à l’époque où la querelle en était rendue à son plus haut point. J’ai dit qu’il n’y a pas dans le Haut-Canada d’animosités de races ; il y a néanmoins une dis-