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GUIT — GU1TEAU

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des Passereaux de petite taille, au bec long, grêle et légèrement arqué, à la langue bifide, aux ailes pointues, à la queue de longueur moyenne et coupée carrément en arrière, aux pattes fines, au plumage teint de couleurs vives, principalement de bleu d’outremer chez les mâles et de vert clair chez les femelles. Par leurs formes générales, les Guit-Guit ressemblent aux Fauvettes, tandis que parleurs allures ils rappellent plutôt les Mésanges. En dehors de la saison des nids ils se réunissent en petites troupes qui s’abattent sur les arbres et passent prestement d’une branche à l’autre pour picorer quelques fruits ou découvrir de menus insectes. Outre des cris d’appel vifs et brefs, ils peuvent faire entendre, dit-on, un gazouillement assez harmonieux. On ne les rencontre que dans les parties chaudes du nouveau continent, depuis le Mexique jusqu’à la Bolivie et dans les Antilles.

A côté du Guit-Guit saï (Cœreba cyanea L.) et du Guit-Guit bleu de ciel (C. cœrulea L.), qui sont les espèces les plus anciennement connues, on peut citer encore Guit-Guit bleu.

le Guit-Guit brillant (C. nitida Hartl.), le Guit-Guit éclatant (C. lucida Sel. et Salv.), etc. Dans toutes ces espèces le mule adulte porte un costume somptueux, d’un bleu d’outremer foncé, tirant plus ou moins au violet, avec une calotte d’un bleu de cobalt clair et nuancé de cendre verte, un rabat et une plaque de velours noir sur le dos ; la femelle porte une livrée verte, avec un plastron roux sur la gorge, des flammèches blanches et bleues sur les parties inférieures du corps. Le bec est généralement noir et les pattes rose clair ou rouge vif. E. Oust. Iîibl. : Vieillot, Oiseaux de l’Amérique septentrionale, 1807, t. II, p. 70, et Oiseaux dorés, pi. 41, 42 et 43. — Ph.-L. Sclater, Cal. B. Brit. Mus., t. XIII.

GUITALENS. Gom. du dép. du Tarn, arr. de Castres, cant. de Vielmur ; 574 hab.

G U ITAR E. I. Musique. — Instrument de musique à cordes pincées. Dans la nombreuse famille de ces instruments à laquelle appartiennent aussi le luth, la mandoline et leurs dérivés, la guitare diffère du genre luth par son dos plat, son cheviller droit ou légèrement incliné en dedans, le nombre de ses cordes et le genre de l’accord. La guitare parait nous être venue d’Espagne par les Maures, et c’est vers le xn e siècle que nous trouvons les premières traces de son usage en Europe. On distinguait au moyen âge la guitare morisque et la guitare latine. L’époque la plus brillante de la guitare fut le xvi e siècle, et de nombreuses méthodes et publications pour cet instrument datent de cette période. Les deux ouvrages les plus anciens sur l’art de jouer de la guitare sont écrits en espagnol ; ils ont pour titre : Libro di musica di vihuela di mano... cornposto por Don Luis Milan (Valence, 1535, in-8) et Libro ai musica di vihuela, intitulado silva de sirenas. .. compuesto por Enriquez di Valderrabano (Valladolid, 1547, in-8). Un autre traité curieux de la guitare se trouve au folio xci de l’ouvrage aussi rare qu’intéressant de Jean Bermudo : Declaracion de Instrumentas (Osuna, 4555, in-fol.). Les premières guitares ou guiternes n’avaient d’abord que quatre rangs de cordes doubles, et la chanterelle était simple ; au temps de Mersenne (1636), elle en avait cinq et ce fut en 1801 qu’un luthier de Paris, Maréchal, ajouta la sixième (mi). Son accord était des plus difficiles et des plus instables, de là le proverbe : « C’est une guitare qui ne veut jamais s’accorder. » Pendant le xvii e siècle, cet instrument avait un peu disparu devant le luth, surtout en France, car, en Espagne et en Italie, il fut de tout temps très en vogue ; mais, au commencement du xvm e , un maître de guitare nommé Campion perfectionna l’instrument et indiqua un grand nombre d’effets nouveaux dans sa méthode intitulée Nouvelles Découvertes sur la guitare, contenant plusieurs suites de pièces sur huit manières d’accorder (Paris, 1705). Bientôt les chanteurs de salon, Jéliotte, Berardet, Lagarde, mirent de plus en plus la guitare à la mode. Les artistes ayant trouvé commode de ne chanter qu’à demi-voix, le timbre doux et flatteur de la guitare leur avait fait choisir cet instrument. A la fin du siècle et au commencement de celui-ci, ce fut un redoublement de vogue avec la romance sentimentale. Les Bomains et les Grecs étaient à l’ordre du jour ; la guitare se donna des airs de lyre ; on peut voir au Conservatoire la guitare-lyre qui fut offerte à Fabry-Garat, frère du chanteur et chanteur lui-même ; cet instrument ne manquait pas d’élégance, mais il était peu pratique et d’une mauvaise sonorité. On vit aussi des guitares à deux ou trois manches, la harpe-lyre de Salomon (18"28), etc., etc., et jusqu’à des guitares en papier mâché fabriquées par un certain Bichter. Aujourd’hui elle est revenue à sa forme primitive. Sa vogue se continua plus que jamais, surtout vers 1840 ; de brillants virtuoses, Carulli, Moretti, Carcassi, Aguado, Sor, Huerta avaient fait de la guitare un véritable instrument de concert, et cette mode dura jusqu’au moment où le piano détrôna la reine de la romance. De nos jours, la guitare est un peu revenue en faveur, et on peut classer le guitariste Bosch parmi les véritables artistes. Comme tous les instruments à cordes pincées, cet instrument possède des effets charmants, une étendue considérable, des sons harmoniques d’un timbre angélique, et l’on peut en tirer un excellent parti ; malheureusement la faiblesse de ses sons et son manque de justesse en rendent l’emploi assez difficile à l’orchestre. C’est un instrument d’accompagnement avant tout, et c’est à ce titre que les compositeurs en ont fait usage pour soutenir les sérénades, comme Grétry dans l’Amant jaloux, Rossini dans le Barbier de Séville, Weber dans Oberon, Donizetti dans Don Pasquale, etc. H. Lavoix. IL Construction. — Assemblage de pièces de charpente comprenant des liens courbes dits liens de guitare et ayant pour but de faire saillir, au-devant d’une lucarne, un avant-toit destiné à empêcher la pluie de pénétrer par l’ouverture de la baie de la lucarne. La forme curviligne produite par la réunion des liens de guitare motive assez bien le nom donné à cette petite construction, souvent laissée apparente et d’un aspect fort pittoresque, qui agrémente la monotonie des toitures. Charles Lucas. Bibl. : Musique. — Berlioz, Grand Traité d’instrumentation et d’orchestration. — Gevaert, Nouveau Traité d’instrumentation. — Lavoix, Hist. de l’Instrumentation.

— Du même, (a Musique au siècle de saint Louis. GUITART (Pedro), peintre espagnol, qui résida et travailla en Catalogne au xvi e siècle. En 1576, il s’engageait à exécuter pour la décoration du retable de l’église Saint-Pierre, à Reus, six compositions tirées de la vie de cet apôtre. Ces peintures, qui furent terminées et mises en place en 157 !), sont composées avec intelligence et prouvent que l’artiste possédait un talent consciencieux et correct. GUITEAU (Charles), assassin du président des Etats-Unis Qarfield (V. ce nom), né à Freeport (Illinois) en 1840, d’une famille franco-canadienne. Il se fit avocat, mais n’eut