Page:Lange - Histoire du matérialisme, Pommerol, 1879, tome 2.djvu/247

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CHAPITRE III

La cosmogonie d’après la science de la nature.


La nouvelle cosmogonie se rattache à Newton. — La théorie de la condensation. — La théorie de la stabilité en géologie. — Les grandes périodes de temps. — Conclusions sur la nécessité de la disparition du système solaire et de la vie dans l’univers. — L’origine des organismes. — L’hypothèse de la génération spontanée. — La théorie de transport d’après Thomson et Helmholtz. — Elle est contredite par Zœllner. — Opinions de Fechner.


Une des questions les plus importantes du matérialisme ancien fut celle de la cosmogonie naturelle. La théorie, si souvent ridiculisée, du mouvement parallèle et infini des atomes à travers l’espace sans limites, des entrelacements et combinaisons lentes et progressives des atomes se convertissant en corps solides ou liquides, vivants ou inertes, avait, malgré son étrangeté, un rôle grandioses à jouer. Sans doute, ces idées ont puissamment influé sur les temps modernes ; pourtant la connexion de notre cosmogonie naturelle avec celle d’Épicure n’est pas aussi claire que l’histoire de l’atomistique. C’est au contraire précisément le point, qui soumit les anciennes idées à une première et décisive transformation ; le point, d’où sortit logiquement la théorie cosmogonique qui, malgré sa nature hypothétique, est, encore aujourd’hui, de la plus haute importance. Mais, à ce propos, écoutons Helmholtz :

« Kant, préoccupé de la description physique de la terre