Page:Lange - Histoire du matérialisme, Pommerol, 1879, tome 2.djvu/404

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CHAPITRE III

La psychologie conforme à la science de la nature.


Erreurs dans les essais de psychologie mathématique et conforme à la science de la nature. Herbart et son école. — Nécessité d’une critique de la psychologie. — Hypothèses sur l’ « essence de l’âme ». Une psychologie sans âme. — Critique de l’observation de soi-même et de l’observation au moyen du « sens interne ». — La méthode de la science de la nature et la spéculation. — La psychologie des bêtes. — La psychologie des peuples ; récits de voyages ethnographiques. — Influence de Darwin. — La méthode somatique. Sur l’emploi de l’expérimentation. — La psychologie empirique en Angleterre. — Mill, Spencer, Bain. — La statistique morale.


Mais que dira la psychologie, si nous commençons par refouler dans l’arrière-fond la face interne, subjective de l’essence humaine ? Notre siècle ne nous a-t-il pas donné non seulement une psychologie conforme à la science de la nature, mais même une psychologie mathématique ? Il existe toute une série d’hommes distingués par leur intelligence et leur mérite, qui croient très-sérieusement que Herbart, avec ses équations différentielles, a fixé aussi solidement le monde des idées que Copernic et Kepler, le monde des corps célestes. C’est là, à la vérité, une déception aussi profonde que la phrénologie quant à ce qui regarde la psychologie comme science de la nature, on a tellement abusé de cette spécieuse définition que l’on court risque de dépasser toutes les limites en s’en occupant. Nous pourrons cependant accorder toute leur valeur aux débuts d’une méthode réellement conforme à la science de la nature pour les questions