Page:Lange - Histoire du matérialisme, Pommerol, 1879, tome 2.djvu/444

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CHAPITRE IV

La physiologie des organes des sens et l’univers en tant que représentation.


La physiologie des organes des sens montre que nous ne percevons pas les objets extérieurs, mais que nous en faisons sortir le phénomène. — La translation des objets vers le dehors et la vue droite, d’après J. Müller et Ueberweg. — Élaboration ultérieure et critique de la théorie d’Ueberweg. — Helmholtz sur l’essence des perceptions des sens. — Les organes des sens comme appareils d’abstraction. — Analogie avec l’abstraction dans la pensée. — L’explication psychologique des phénomènes n’exclut pas l’existence d’une cause mécanique. — Le monde des sens, produit de notre organisation. — Les raisonnements inconscients. — L’hypothèse d’un mécanisme pour toutes les fonctions psychiques ne détermine pas le matérialisme, parce que le mécanisme lui-même n’est qu’une représentation. — Essai fait par Ueberweg pour démontrer la réalité transcendante de l’espace. — Résultats. — Rokitansky explique que précisément la théorie atomistique sert d’appui à une conception idéaliste de l’univers.


Nous avons vu jusqu’ici, sur tous les terrains, comment l’étude des phénomènes, faite conformément à la science de la nature et à la physique, peut seule, quoique faiblement encore, projeter quelques rayons lumineux, plutôt que l’éclat d’une science véritable, sur l’homme et sur son essence intellectuelle. Nous arrivons maintenant au champ des recherches humaines, où la méthode empirique a célébré ses plus glorieux triomphes, où néanmoins elle nous conduit jusqu’aux limites immédiates de notre savoir et nous fait sur la région qui le dépasse des révélations suffisantes pour que nous soyons forcés d’en admettre l’existence. C’est la physiologie des organes des sens.