Page:Lange - Histoire du matérialisme, Pommerol, 1879, tome 2.djvu/473

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QUATRIÈME PARTIE


CHAPITRE PREMIER

L’Économie politique et la dogmatique de l’égoïsme.


Naissance de l’hypothèse d’une société purement égoïste. — Droit et limites de l’abstraction. L’abstraction confondue avec la réalité. — La formation du capital et la loi de l’accroissement des besoins. — La prétendue utilité de l’égoïsme. — Origine de l’égoïsme et de la sympathie. — Buckle a tort de nier le progrès moral. — L’égoïsme comme principe de morale et l’harmonie des intérêts. — Examen de la théorie de l’harmonie des intérêts. — Causes de l’inégalité et naissance du prolétariat.


Il eût été naturel de soumettre, comme nous l’avons fait pour les sciences de la nature, à un examen approfondi l’économie politique et les sciences qui ont de l’affinité avec elle ; mais ici nous glissons déjà involontairement vers le domaine des questions pratiques, dont la solution forme le résultat de notre essai critique. Nous examinons une science et nous ne rencontrons dans ses théories que le reflet de l’état social ; nous voulons voir où se trouve aujourd’hui le matérialisme moral, et nous le découvrons transformé en une dogmatique que ne connaissaient ni Aristippe ni Épicure. À la place du plaisir, les temps modernes ont mis l’égoïsme et, pendant que les philosophes matérialistes oscillaient dans leur morale, il se développa avec l’économie politique une théorie particulière de l’égoïsme qui, plus que tout autre élément de l’époque contemporaine, porte l’empreinte du matérialisme.

Les racines de cette théorie remontent jusqu’au temps an-