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SOUVENIRS POLITIQUES

connaissait dans ce travail l’œuvre conjointe de MM. Angers, Dansereau, Tarte, Ross, Senécal, etc., etc., qui étaient les plus actifs dans la campagne contre le Lieutenant-Gouverneur.

Pour se bien tenir en contact avec la députation conservatrice, les meneurs avaient établi à Ottawa un pied à terre que l’on a dans le temps appelé la Maison-Bleue. C’était, a-t-on dit, M. L.-A. Senécal qui payait les frais de cette installation où l’on menait joyeuse vie. On y entraînait les députés que les discours n’avaient pas réussi à convaincre, et, quand ils sortaient de là, leur opinion était bien formée : M. Letellier avait eu tort de protéger les municipalités contre la tentative du gouvernement DeBoucherville de les prendre à la gorge !

M. Laurier avait à la session précédente, exprimé son sentiment sur cette motion de M. Mousseau. Il prétendit, entr’autres choses, que si le peuple avait ses droits, il ne fallait pas oublier non plus les prérogatives de la Couronne. L’état le mieux organisé est celui où les droits de la Couronne et ceux du peuple sont clairement définis et hautement respectés. Il n’était pas, disait-il de la compétence du parlement central de critiquer l’acte de M. Letellier. L’adoption de cette motion serait de la part du gouvernement fédéral un empiétement direct sur les droits des provinces. Il s’agissait de l’autonomie de la province de Qué-