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SOUVENIRS POLITIQUES

plus de peine dans les partis à vivre avec ceux qui en sont qu’à agir contre ceux qui y sont opposés. »

Il n’y a pas un Lieutenant-Gouverneur qui ait fait les honneurs de Spencer-Wood avec plus d’éclat et plus de libéralité que M. Letellier. Le public était très souvent invité à fréquenter les somptueux salons de sa résidence. Il recevait d’une façon charmante, et sous cette apparence sévère, rude même, se cachait un homme aux manières les plus raffinées, un gentilhomme dans toute la force du terme. Il se multipliait auprès de ses hôtes, il voyait à ce que tous fussent à l’aise, il trouvait moyen de fréquenter tous les cercles et il avait un mot aimable pour toutes les dames. C’était le type de l’homme du monde tel qu’il était autrefois, comme on le trouvait au sein de ces vieilles familles distinguées qui occupaient les manoirs seigneuriaux. Comme M. DeCelles l’a si bien dit en parlant de Papineau qui était de ceux-là, on croyait apercevoir sur leur habits un peu de la poudre de la cour de Louis XIV. M. Willison, dans son livre « Laurier and the Libéral Party », a donc pu écrire avec raison en parlant de M. Letellier : « Bien qu’il fut le fils d’un soldat il avait la fierté et l’esprit des anciens seigneurs, joints à leur tempérament chevaleresque, avec une exquise délicatesse, etc., etc. »