Page:Langelier - Souvenirs politiques, vol 1, 1909.djvu/175

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
181
SOUVENIRS POLITIQUES

les rues, partout, on coudoie les agents des spéculateurs. Les membres de la Législature sont gardés à vue, suivis, espionnés par des policiers.

« Il y a tout grand ouvert un comptoir pour le commerce des consciences. »

La vente du chemin de fer du Nord fut effectuée malgré tous les efforts de ceux qui la combattaient. Cet acte politique, en divisant le parti conservateur a préparé la défaite qu’il devait rencontrer quelques années plus tard. Tout en ayant gagné son point la position de M. Chapleau était devenue intenable à Québec : il fallait le faire disparaître au plus vite pour empêcher un désastre pour les conservateurs. Dans le mois de juillet suivant, après les élections fédérales, M. Chapleau prit dans le cabinet fédéral la place de M. Mousseau et ce dernier devint premier ministre à Québec. Ce changement fut mal accueilli dans la presse.

M. Mousseau n’était l’égal de M. Chapleau ni par le talent ni par l’éloquence. C’était un homme instruit, parlant avec facilité, mais il n’était pas orateur, pas même debater de premier ordre. Il était journaliste et avocat. Il fit ses premières armes dans le Colonisateur, en compagnie de MM. L.-O. David, Chapleau, Montpetit, L.-U. Fontaine et Ludger Labelle. C’est dans l’Opinion Publique où il a le plus