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SOUVENIRS POLITIQUES

avec une rare habileté, avec un dévouement et un désintéressement dignes d’admiration, fatigué de lutter en vain, s’imaginant peut-être que l’insuccès de la cause libérale était dû à la manière dont il dirigeait le parti, prit la résolution d’abdiquer la position de chef. Un caucus des députés libéraux fut convoqué à sa demande pour le 18 janvier. C’est là qu’il fit connaître à ses amis son intention d’abandonner la direction de son parti ; en faisant cette déclaration, il désigna M. Mercier comme son successeur. La députation libérale le pria de conserver son poste, mais il déclara que sa détermination était irrévocable. M Mercier fut alors choisi à l’unanimité comme le chef de l’opposition.

La retraite de M. Joly causa un regret véritable dans les rangs libéraux, car on entretenait pour lui un estime et une admiration sincères. Ce n’était que justice. En effet, M. Joly avait pris la direction du parti en 1867, à une époque où les libéraux étaient écrasés, à un moment où les chances de succès paraissaient bien éloignées. M. Joly ne l’ignorait pas lui-même, mais il comprit qu’il était dans l’intérêt public qu’il y eut une opposition bien organisée pour surveiller les actes de l’administration. C’est surtout cette considération qui l’avait fait accepter ce rôle ; il ne céda pas à un sentiment de vanité ; il crut