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SOUVENIRS POLITIQUES

tout simplement qu’il accomplissait un devoir comme citoyen. Indépendant de fortune, possédant des connaissances variées, très familier avec les besoins et les aspirations de la province, orateur courtois, élégant et dissert, mordant parfois mais sans méchanceté, M. Joly possédait toutes les qualités d’un vrai parlementaire et d’un bon chef d’opposition. Héritier d’un grand nom par sa mère qui était une de Lotbinière, issu d’une de nos familles canadiennes-françaises les plus distinguées, d’un caractère absolument honorable et qui le mettait audessus du soupçon, il possédait tout ce qui était nécessaire pour inspirer au public le respect et la confiance.

Pendant seize ans il joua ce rôle si aride et si désintéressé sans jamais perdre courage. Une fois seulement, en 1878, il prit le pouvoir qui lui fut dérobé au bout de dix-huit mois au moyen de la plus infâme trahison. Il donna un appui loyal et généreux à M. Mercier.

Le choix de M. Mercier pour remplir ce poste important fut accueilli avec grande faveur par la députation libérale comme par tout le parti. Il n’y eut que deux exceptions, La Patrie alors dirigée par M. H. Beaugrand qui reprochait à M. Mercier d’avoir été favorable à la coalition et le Witness, parceque M. Joly était protestant et qu’il regrettait de le voir abandonner la direction de l’opposition. M.